Lisbonne, saudade et modernité

Lisbonne a évolué, Lisbonne avance. L’exposition universelle de 1998 a été le point de départ de ce changement. L’embellissement de la ville continue depuis cette année-là, sans pour autant renier le passé, l’empreinte lusitanienne, pour mieux recevoir l’Europe. Les touristes partent à la rencontre d’une ville surprenante, tant au niveau géographique avec la mer si proche qu’au niveau culturel avec l’ancien, le fado et le moderne, la techno. C’est un perpétuel mouvement comme le bercement des vagues.

Lisbonne

Le vieux Lisbonne bouge encore et toujours

C’est par la Praça de Dom Pedro IV qu’il faut démarrer la balade, parce que c’est le coeur de la ville basse qui est aussi dénommé le Rossio. C’est un lieu Célèbre parce que c’est le 25 avril 1974,  sur cette place qu’a commencé la Révolution des oeillets qui a permis la fin de la dictature de Salazar

Accompagnez votre café d’un pastel de nata, spécialité lisboète, savoureux petit flan.

Baladez-vous ensuite dans le quartier de Baixa, en vous dirigeant vers le Tage jusqu’à une des plus belles places d’Europe, la Praça do comércio.

Du Baixa, un ascenseur vous permet d’escalader une des collines lisboètes du Chiado, un des quartiers  les plus agréables de la ville où il fait bon se promener. Il existe néanmoins des coins que l’on préfère, c’est par exemple celui du Bairo Alto, village typique aux façades craquelées dont les ruelles s’animent le soir.

Lisbonne n’a rien à envier à ses concurrentes que sont Madrid et Barcelone pour ce qui est de l’animation nocturne. Ce coin extraordinaire regorge de bars, de petits restos et de boîtes de nuit à la fréquentation hétéroclite où se mêlent les touristes, la jeunesse branchée et même les proxénètes!

Un sacré mélange qui peut aboutir vers 4 heures du matin à une ambiance non sécurisée.

Une autre colline à visiter de l’autre côté du Baixa c’est l’Alfama, une toute autre ambiance. C’est la représentation de l’âme portugaise telle qu’ Alain Tanner et Wim Wenders ont su retranscrire « dans la ville blanche » ou bien « Lisbonne Story ».

Les résidents de ce quartier ont longtemps été les marins et les pêcheurs. Sa visite vaut le détour à pied comme en tramway. C’est le quartier populaire par excellence et qui en plus a su résister au terrible tremblement de terre de 1755.

L’imposant  Castelo Sao Jorge sur la colline permet d’avoir une vue imprenable sur la ville.

Lors de la balade, n’hésitez pas à faire une pause à l’un des belvédères (miradouros) qui domine Lisbonne. Il sera possible également de faire une halte rafraîchissante à l’un des cafés présents sur le circuit. Prenez le temps et profitez du panorama de cette belle « ville blanche ».
Des Hiéronymites à Warhol, il n’y a qu’un pas…

 

Le nord de la ville présente un tout autre décor. Dans le merveilleux parc de Palhavä, se trouve le musée Calouste-Gulbenkian, réputé pour ses collections d’arts décoratifs et oriental; il fait d’ailleurs partie de la fondation Gulbenkian, un des centres culturels les plus prestigieux d’Europe.

Autre lieu, autre sensation, allez faire un tour vers la modernité avec le parc des Nations. Il y reste des pavillons de l’exposition universelle de 1998 avec des attractions de l’époque dont l’Océanorio qui est un aquarium hors du commun tant il est gigantesque. Vous pourrez ainsi admirer le spectacle avec les manchots, les requins, les raies et les loutres.
Autre merveille, pas loin de là, le pont de Vasco de Gama qui traverse le Tage pour vous mener vers le sud. Sa longueur est impressionnante puisqu’il fait 13 km dont 8 au dessus du Tage.

Pour les gourmands, il existe un lieu incontournable, allez en direction de Belém, vous y trouverez l’Antiga Confeitaria de Belém où sont servis les meilleurs pasteis de nata de Lisbonne. Il est très facile de la trouver car il y a toujours une longue queue de clients devant, impatients de se ravitailler.

D’autres architectures sont à visiter absolument dont le monastère des Hiéronymites construit au XVe siècle et inscrit au patrimoine mondial de l’humanité ou bien la tour de Belém qui date du XVIe siècle. Elle se dresse à l’entrée du port de Lisbonne, elle est aussi l’emblème de la ville.

Pour les inconditionnels de Berardo, il faudra aller  pas loin de là, au musée d’art contemporain qui renferme la collection de ce grand collectionneur du XXe siècle.
L’azulejomania

Les azuelos, c’est la marque de fabrique de Lisbonne! Il s’agit de magnifiques faïences le plus souvent bleues, en forme de carreaux. Assemblés, ils peuvent représenter une fresque murale qui va décorer bon nombre de monuments et de maisons.

Mais il en existe aussi dans le cloître du Moistero de Sao Vicente da fora. Elles représentent la prise de Lisbonne mais aussi les fables de La Fontaine. Elles datent du XVIIIe siècle.

Un musée leur est consacré, il s’agit du Museu nacional do azulejo et convento de Madre de Deus renfermant son cloître manuélin d’où il sera possible de les contempler.

Au 1er étage, vous pourrez admirer la vue panoramique de Lisbonne mais aussi un gigantesque panneau d’azulejos qui représente Lisbonne avant le tremblement de terre de 1755.

Si vous souhaitez ramener un souvenir de Lisbonne, achetez des azulejos à l’atelier Faianças et azulejos do Patéo au 44 de la rue Guarda Joias dans le quartier d’Ajuda. Il ne vous restera plus qu’à faire votre choix entre faïences, carrelages ou panneaux d’azulejos.

Fado ou techno ?

Amalia Rodrigues décrit le fado comme un état d’esprit. Ce sont des chants populaires qui expriment des émotions, des ressentis, une certaine mélancolie propre aux portugais et qui se nomme saudade. La guitare est l’instrument le plus souvent utilisé avec ses chants particuliers. Cela ressemble au blues mais propre aux portugais où se mêlent différents sentiments nostalgiques comme un amour déçu, l’exil ou bien les difficultés de la vie. Laissez vous bercer en l’écoutant dans les clubs de Lisbonne.

Le Fado a sa maison, le clube de Fado au 92-94 de la rue Sao Joao de Praça, une des plus réputées de la ville. C’est une petite salle dans le quartier de la cathédrale qui accueille des professionnels de haut niveau.

Enfin, la maison-musée du Fado et de la guitare portugaise vous accueillera pour une visite instructive sur la culture et l’histoire de ce genre musical.

Lisbonne ne peut être réduit au Fado. Les Clubs de l’Alfama ne renferment pas en majorité des jeunes lisboètes car ils se trouvent plutôt dans les bars du Bairo dès que la nuit tombe. La rue de Atalaia est bondée les samedi et dimanche. C’est un lieu de rencontres faciles car les portugais parlent aisément et sont ouverts d’esprit.

C’est au quartier des docks, vers la rue de Alcantara et de l’Avenida 24 de Julho que vous trouverez la plupart des boîtes branchées de la ville pour danser jusqu’au bout de la nuit. Les plus célèbres sont le Plateau, le Xafarix, le Dock’s Club ou bien encore le Kremlin.