Vers un low-cost généralisé des transports aériens ?

La crise aidant, les Français surveillent de plus en plus leurs dépenses et le premier budget à être réduit est bien souvent celui alloué aux vacances.

Fortes de ce constat, les compagnies aériennes low-cost qui ont commencé à se développer en Europe depuis les années 1997, ont vu leur croissance exploser ces dernières années. Mais, attention ! Le montant indiqué pour le prix du billet ne veut pas dire que votre dépense se limitera au tarif indiqué. Des frais annexes sont à rajouter et, au final, si vous n’y prêtez guère attention, votre voyage avec une compagnie low-cost peut vous revenir aussi cher, voire même être plus onéreux, qu’avec une compagnie aérienne traditionnelle.

Bien que d’apparence séduisante, un vol low-cost est-il finalement toujours un bon plan ? Pas si sûr ! Malgré toute la flexibilité que proposent ces compagnies à bas prix, il faut néanmoins tenir compte des suppléments que vous aurez à régler.

Un petit tour d’horizon s’impose donc pour faire le point sur les offres low-cost diverses et variées que vous pourrez rencontrer.

low-cost

Pour commencer… un petit peu d’histoire…

Le phénomène low-cost est originaire des Etats-Unis. C’est en 1991 que le dirigeant de Ryanair, a l’idée d’importer en Europe ce concept afin de proposer des formules à bas coûts aux voyageurs européens. La société réaménage ainsi ses lignes pour les exploiter avec des coûts réduits au maximum. Le succès de sa principale liaison Londres-Dublin est tel que Ryanair finit par devenir un très sérieux compétiteur de la compagnie British Airways.

D’autres entreprises se lancent également dans l’aventure mais le transport low-cost ne prend réellement toute son expansion qu’en 1997 lorsque la Commission Européenne prend la décision de libéraliser les transports aériens. Les compagnies low-cost peuvent désormais mettre en place des lignes desservant tous les pays en Europe. C’est le début d’une forte concurrence et la fin des monopoles nationaux. Les principales compagnies de transport à bas prix sont Ryanair et Easyjet mais leur nombre augmente et l’offre s’accroît de manière exponentielle.

 

Un air de révolution

En Europe, le paysage aérien en a été complètement transformé. Les low-costs représentent un quart du trafic en France, soit plus de 40 millions de passagers ! En Europe, la proportion est encore plus importante.

Les compagnies nationales subissent de plein fouet la concurrence débridée de leurs rivales low-cost. Easyjet devient la 2ème compagnie française tandis que Air France se décide à créer sa propre société Low-cost en 2007, Transavia.com. L’objectif visé est clairement de récupérer les parts de marché prises par Easyjet et Ryanair, bien implantées sur le territoire.

Ailleurs en Europe, Lufthansa et Ibéria créent leur filiale low-cost pour pouvoir rester concurrentielles.

Pour réduire les différences de tarifs et ainsi faire face à la crise, aux Etats-Unis, les compagnies régulières suivent l’exemple des compagnies low-cost. Les services annexes deviennent payants : repas, boissons, enregistrement des bagages sur les vols nords-américains. Même si l’Europe n’en est pas encore là, les compagnies facturent de plus en plus ces services qui, auparavant, étaient compris dans le prix du billet. Le low-cost est en train de devenir la norme des transports aériens et les différences entre compagnies régulières et low-cost deviennent de plus en plus ténues et confuses.

 

Le secret du low-cost

Il repose essentiellement sur deux axes :

– la réduction des frais d’exploitation en transportant un maximum de personnes sur un même vol et en pratiquant des prix tirés au plus juste

– le développement de services annexes dont certains sont obligatoires comme l’enregistrement des bagages. Tous les services deviennent payants.

 

Les moyens d’action

1 – Les avions sont remplis au maximum et réalisent de nombreux vols à la journée, parfois jusqu’à 11 heures quotidiennes. L’arrêt entre deux vols dépasse rarement la demi-heure et est utilisé pour vérifier l’avion et effectuer un peu d’entretien à l’intérieur de la carlingue. Les sièges sont plus nombreux et plus serrés dans un avion low-cost que sur un avion de ligne régulière, ce qui permet une rentabilisation optimale.

2 – Les aéroports utilisés sont parmi les moins coûteux en Europe (Orly Sud, Bergerac ou Beauvais en France). De ce fait, les taxes sont également plus faibles. Ces aéroports, moins importants et donc moins encombrés, sont généralement excentrés et il ne faut pas oublier le prévoir le budget pour une correspondance ou regagner le centre ville le plus proche avec une navette mise en place à cet effet.

Cependant, les collectivités subventionnent souvent l’installation d’une compagnie low-cost sur leur territoire car cela apporte un regain d’activité économique.

3 – Pas de correspondance : en supprimant toute les correspondances, les compagnies low-cost économisent encore sur les frais de transfert de bagages.

4 – Réduction de personnel : peu ou pas de personnel au sol, les réservations se font quasi-exclusivement sur internet et le personnel navigant est également chargé de l’entretien de l’avion entre deux vols. Pour la maintenance des avions ainsi que l’enregistrement et la livraison des bagages, des entreprises en sous-traitance assurent ces services.

5 – Confort des locaux réduit au minimum : peu d’aménagement des aérogares qui restent d’un abord très spartiate : par exemple, l’aérogare de Marseille, MP2 n’est pas climatisé… et lorsqu’on songe à la chaleur qu’il peut faire en été dans cette région… !

6 – Flotte uniformisée : tous les avions sont sur le même modèle, cela évite des frais de formation supplémentaire du personnel qui retrouve les mêmes caractéristiques sur tous les avions de la compagnie. En utilisant des avions récents, la compagnie fait encore des économies sur le carburant.

7 – Vente par internet : la gestion interne se fait presque entièrement par internet, ce qui évite d’être encombré par des documents papiers. Les billets se commandent directement sur internet et les compagnies low-cost n’utilisent pas non plus les services des agences de voyages pour réduire encore les coûts. Si un client refuse de commander son billet en ligne, le tarif appliqué ne sera pas aussi avantageux. Pour preuve, les commandes en ligne sont devenues la norme :

  • Ryanair : 98 %
  • Easyjet : 97 %

8 – Vente de services annexes : tous les services sont payants, du choix de la place à bord de l’avion à la commande d’une simple boisson. Tout est fait pour le client dépense un maximum dans les services supplémentaires, dont certains sont obligatoires comme l’enregistrement des bagages. Certaines compagnies low-cost, comme Easyjet et Ryanair, proposent également des services de location de voiture et de réservation d’hôtels, ce qui les rend presque comparables à des agences de voyage.

 

Des pratiques sujettes à controverse

Pour faire parler d’elles, certaines compagnies à bas coût usent parfois de moyens très contestables en faisant des propositions choc. Par exemple, le dirigeant de Ryanair, l’Irlandais Michael O’Leary, avait lancé des idées comme faire payer l’usage des toilettes à bord ou de faire voyager les passagers debout, tout comme il avait émis la possibilité d’établir une taxe d’obésité et même de supprimer les bagages en soute.

Les entorses au droit du travail sont également sujettes à caution. Par exemple, Ryanair, encore elle, a été condamnée en octobre 2014 parce que certains de ses salariés travaillaient et habitaient en France mais étaient embauchés avec un contrat étranger, ce qui est considéré comme du travail dissimulé.

En 2010, Easyjet a été condamnée à 150 000 € d’amende pour la même raison et a, de plus, été dans l’obligation de verser 1,4 millions d’euros de dommages-intérêts à Pôle Emploi ainsi que 40 000 € à chaque syndicat s’étant porté partie civile.

Pour finir, certaines compagnies low-cost peuvent être fragilisées économiquement et risquent à tout moment une faillite ou la suspension des vols. Les conséquences en sont catastrophiques pour les clients qui restent ainsi à terre, doivent racheter un billet auprès d’une autre compagnie et n’ont aucune chance de pouvoir se faire rembourser le billet qu’ils ont acheté à la compagnie low-cost qui a fait faillite. La dernière faillite en date est celle de Windjet, en 2012, qui a abandonné des milliers de passagers dans le désarroi le plus total.

 

Le low-cost est-il finalement un bon plan ?

Il ne serait pas honnête de généraliser et de dire que ces compagnies ne sont pas fiables. Il faut cependant constater qu’aucune des compagnies low-cost n’a eu d’accident mortel à son actif en Europe.

Chacune d’elle a ses propres spécificités mais cela ne veut absolument pas dire que les services proposés ne sont pas de qualité.

Par exemple Transavia.com propose des produits équitables à bord de ses avions et utilise des technologies moins voraces en énergie pour préserver l’environnement.

Ryanair, quant à elle, a un marketing plutôt agressif et augmente à foison ses suppléments de prix.

Inversement, la compagnie autrichienne Fly Niki et Air Berlin proposent des prestations équivalentes aux compagnies régulières à savoir : boissons, collation,  journaux et même bagage jusqu’à 20 kg gratuits.

Air Berlin propose 163 destinations dans 39 pays différents et est membre depuis 2012 de Oneworld, une alliance aérienne qui comprend American Airlines, Cathay Pacific, British Airways et Iberia.

Et si on regarde du côté des compagnies régulières, on s’aperçoit qu’elles commencent également à facturer certains services aux clients comme Ibéria ou SAS par exemple.

Alors, on peut se poser la question : qui est vraiment low-cost et qui ne l’est pas ? La réponse est pour le moins confuse.

 

Comment faire pour bien choisir son billet ?

Trois critères essentiels sont à prendre en compte :

1 – Le prix

Pour être sûr de trouver le meilleur prix, il faut considérer tous les suppléments que vous allez devoir payer en plus du prix de votre billet… et le prix réel de votre voyage peut décoller très vite et au bout du compte un vol sur un avion low-cost pourrait vous coûter plus cher que le même trajet avec une compagnie régulière :

  • comptabilisez tous les suppléments obligatoires tels que l’enregistrement des bagages, etc.
  • lors de votre réservation, certaines options sont automatiquement cochées. Si elles ne vous intéressent pas, pensez à les décocher pour réduire vos frais : Easyjet, par exemple, inclut automatiquement une assurance lors de la réservation du billet et il faut penser à décocher cette option pour ne pas être facturé.
  • sélectionnez de façon pertinente les dates de vos déplacements : en effet, les périodes de vacances, jours fériés, week-ends coûteront plus cher du fait d’une demande supérieure. Voyagez donc en période creuse.
  • plus tôt vous réservez, plus le prix pourra être attractif.
  • si vous réservez à la dernière minute, vous pouvez avoir des tarifs différents en fonction du taux de remplissage de l’avion. Un avion à moitié plein sera plus abordable car la compagnie essaie de remplir au maximum chaque avion pour une rentabilité optimale et est donc prête à brader les billets pour atteindre son objectif.
  • réservez sur internet : ce mode de réservation est plus économique pour les compagnies et peut vous faire bénéficier d’une réduction sur votre billet. De plus, les promotions de dernière minute ne sont affichées que sur internet. Certaines compagnies low-cost fonctionnent d’ailleurs uniquement avec ce mode de réservation. Au contraire, une réservation par téléphone se fait souvent par un numéro surtaxé.
  • Pensez également aux suppléments qui ne figurent pas sur votre réservation et que vous devrez acquitter : diverses taxes d’aéroport, enregistrement, frais de fonctionnement, bagages en soute payant pour certaines compagnies (Ryanair, Easyjet,…),…
  • Comparez bien les prix et vérifiez si finalement vous n’arrivez pas au même prix qu’une compagnie régulière… ou même avec le train ou le car… !

2 – La flexibilité : avantages et inconvénients

  • Vols directs sur des lignes généralement peu exploitées (Toulouse-Cardiff, Bergerac-Londres, etc.). Vous avez donc une liberté de déplacement plus importante.
  • Achat de dernière minute : vous pouvez acheter un billet seulement deux heures avant le départ de l’avion. Veillez seulement à respecter les délais d’enregistrement.
  • Vous pouvez également acheter un aller simple et choisir librement la date de son retour. Cette alternative peut être moins coûteuse que l’achat d’un aller-retour obligatoire sur une ligne régulière.
  • Les compagnies low-cost ne proposant pas de correspondance, si vous devez continuer votre voyages avec un autre vol, prévoyez bien le temps de trajet ainsi que la récupération de vos bagages avant de rejoindre votre nouvel avion.
  • Modification de billet : parfois possible en payant un supplément mais seuls les dates et les horaires sont modifiables, pas la destination. Attention ! Sans supplément au moment de l’achat, votre billet ne pourra pas être modifié ni vous être remboursé.
  • Conditions d’utilisation du billet : lisez-les bien afin d’éviter les mauvaises surprises. Vous pouvez aussi consulter notre dossier sur les droits du passager aérien qui pourrait vous être utile en cas de litige.

3 – Les prestations exclues

  • les apéritifs et plateaux-repas gratuits
  • les compensations en cas de problème
  • l’ interdiction de faire voyager seul un enfant de moins de 14 ou 16 ans selon les compagnies
  • le remboursement de votre billet, sauf raison légitime. Dans le meilleur des cas, vous aurez des frais d’annulation ou un avoir pour un autre vol.
  • en cas d’annulation de votre vol, vous serez bien sûr remboursé du prix du billet et des taxes mais si vous devez passez une nuit sur place, ne comptez pas vous faire offrir la nuit d’hôtel… !