Arizona : tout à l’Ouest !

Allant des limites de l’Utah à la frontière du Mexique, l’Arizona c’est le Grand Ouest pour de vrai ! Avec ses paysages lunaires et souvent chaotiques, l’Arizona nous offre des routes interminables et hypnotiques passant par des villes telles que Phoenix ou Tucson et s’étendant à perte de vue, les steppes de Painted Desert et de la Petrified Forest, des déserts pointant leurs cactus saguaros vers le ciel aussi bien que des vestiges d’une splendeur inégalée : Anasazis de Chelly Canyon, Monument Valley avec ses pitons de grès flamboyant, le Grand Canyon avec ses pics vertigineux… sans oublier les parcs naturels grandioses, sites privilégiés randonneurs intrépides.

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Avec ses panoramas extrêmes de toute beauté, l’Arizona est un état envoûtant où chaque lieu nous rappelle son histoire légendaire de cow-boys et de pionniers mais aussi le souvenir de la vie pénible mais vraiment poignante des indiens Navajo et Hopi.

L’Apache Trail : une route pittoresque !

Phoenix, cinquième ville des Etats-Unis représente l’étalement urbain (urban sprawl). L’agglomération, enchevêtrement de bitume, s’étire sans fin sous le soleil sur 60 km de long et 40 km de large. L’aéroport de Phoenix en fait une des principales portes d’entrée dans l’Arizona… Pas vraiment le rêve, n’est-ce-pas ? Prenez tout de même le temps de visiter son magnifique musée, le Heard Museum, dédié aux indiens… mais faites-le à la fin de votre passage en Arizona… vous l’apprécierez bien mieux !

Tracée en 1903 pour permettre d’accéder au Roosevelt Dam, le plus grand barrage du monde en maçonnerie, cette route légendaire de 170 km de long sillonne d’une montagne couverte de cactus et de pitons rocheux. Elle fût construite par des indiens Apaches à l’est et des Pimas à l’ouest qui firent office de main d’œuvre.

Arrêtez-vous pour faire une halte dans le hameau pittoresque de Tortilla Flats qui doit son nom à une inondation célèbre en 1867 dont seule la réserve de farine fut épargnée et permit aux habitants de subsister en mangeant des tortillas (galettes de farine plates et souples). Ce minuscule village nous replonge complètement dans l’époque du western. Ancien relais pour les diligences, il est aujourd’hui un refuge pour les bikers. Selon le musée local, il paraît même que Clark Gable passait à cet endroit lorsqu’il allait pêcher au lac Roosevelt.

Ne vous arrêtez pas dans ce village typique sans goûter à la spécialité locale : le taco salad que vous pourrez déguster avec une bonne bière fraiche au Superstition Saloon : dans un cadre western avec les murs tapissés de dollars, une tête de bison empaillée, vous pourrez également profiter des concerts de country rock dans le patio.

Après ce bon repas, quelques miles après Tortilla Flats, vous verrez sur la gauche un petit sentier descendant vers un cours d’eau flanqué de berges sablonneuses qui vous attend langoureusement pour une petite sieste !

Taliesin, Arcosanti : une architecture organique

Entourée de cactus saguaros, dans le quartier résidentiel de Scottsdale à Phoenix, se trouve une villa très étonnante nommée Taliesin. C’est la propriété de Franck Lloyd Wright (1867-1959), l’architecte renommé, qui y a établi sa demeure ainsi que son laboratoire. Ayant acquis le terrain en 1937, Wright y a fait construire sa villa qu’il a nommée du nom de sa ville natale dans le Wisconsin.

Ce grand architecte a ainsi créé une maison « organique » qui s’intègre dans son milieu naturel et aux conditions climatiques du désert. Il a également créé une école où sont enseignés les quatre fondamentaux selon Wright : le milieu, le matériau, les méthodes et « la destruction de la boîte ». Les étudiants sélectionnés scrupuleusement continuent toujours à fréquenter l’école.

Un ancien élève de Wright à Taliesin, Paolo Soleri, a mis en pratique ses connaissances pour créer une « ville nouvelle » dans le désert à 65 miles au nord de Phoenix qu’il a nommé « Arcosanti ». Cette ville a été bâtie selon le principe d’architecte écologique, l’ »arcology » qui contribue à améliorer l’espace et l’énergie.

Craignant l’urbanisation à outrance des Etats-Unis qui isole les gens, Soleri a créé, dans les années 1970, un groupe d’étudiants volontaires pour tester un développement urbain anti-individualiste, de taille humaine et respectant la nature (serres bio, chambres en alvéoles,…).

Occupé par une centaine d’étudiants, la petite ville d’Arcosanti, établie au pied d’une falaise de basalte et ravivée d’arbres comestibles tels les amandiers, oliviers et abricotiers, s’autofinance à moitié avec le commerce de cloches à vent en bronze imaginées par Soleri et dont le son continu contribue à créer une ambiance particulière.

La flegmatique Tucson et « La Colombe blanche »

Tucson (prononcer « Toussonne ») est la seconde ville d’Arizona. Elle se situe sur la route du Mexique. Moins célèbre que Phénix, elle n’a pourtant rien à lui envier. Calme et dynamique à la fois, Tucson est une ville universitaire où les étudiants flânent leurs livres sous le bras. Avec son vieux quartier colonial, ses rues et ses murs colorés de pastels, ne manquez pas l’Arizona Historical Society Museum qui vous fera remonter dans l’histoire de cet état, depuis la Conquista espagnole jusqu’à aujourd’hui. Ensuite, vous apprécierez de vous désaltérer dans les bars à la mode mais sans prétention de la cité.

Dans la réserve indienne des Tohonos O’odham, à dix miles de Tucson, se trouve une magnifique petite église édifiée par les Jésuites vers la fin du 17ème siècle. Il s’agit d’une Mission espagnole surnommée « la Colombe blanche » qui dépend à ce jour des Franciscains. Située en plein désert, la petite église de San Xavier Del Bac, dont la façade de pierre travaillée regorge d’ornements floraux, semble défendue à son entrée par un gigantesque cactus saguaro quelque peu élimé. Des anges à la peau basanée décorant les murs de la nef dénotent un éclectisme entre la culture autochtone et la religion chrétienne. A l’intérieur de l’église, une statue inattendue personnifie la première Native-Américaine béatifiée, une Mohawk.

N’oubliez pas de vous restaurer de fry bread, préparés par des indiens Tohonos avant de vous engager dans le Saguaro National Park.

Tombstone et Bisbee : l’Ouest Sauvage !

Située à 65 miles au sud-est de Tucson, Tombstone est la ville mythique du Far-West. C’est dans cette ville qu’a eu lieu le légendaire duel de OK Corral le 26 octobre 1881. Plusieurs films ont d’ailleurs illustré cet affrontement, notamment « Règlement de comptes à OK Corral » de John Sturges et également « La poursuite infernale » de John Ford.

Cette ancienne ville minière a décidé de faire revivre cette époque glorieuse du far-west américain. Pour admirer les pans encore authentiques de la cité, quittez la rue principale remplie d’échoppes et les faux cow-boys pour vous égarer dans les ruelles des alentours. Vous y découvrirez beaucoup de maisons datant de cette époque révolue. Ne quittez pas Tomstone sans vous être désaltéré au Big Nose’s Kate’s Saloon avec une bière bien fraîche. Vous y verrez en boucle des films sur OK Corral et vous pourrez peut-être même assister aux concerts de country programmés certains soirs.

Contrairement à Tombstone, Bisbee, ville du cuivre située encore un peu plus à l’est, fût la cité la plus importante entre San Francisco et Saint-Louis. Installée dans les Mules Mountains, elle dévoile son charme un peu vieillot avec ses demeures de l’époque victorienne aux façades colorées, ses rues étroites et vallonnées regorgeant de restaurants et cafés sophistiqués côtoyant commerces de toute sortes où l’on troque facilement antiquité, bijou ou fripes contre du bois de chauffage.

Lorsque les mines de cuivres ont fermé, Bisbee s’est reconvertie en accueillant de nombreux artistes. Il s’y dégage une atmosphère peace and love, un peu bo-bo sympathique avec les Américains du Nord qui s’y installent en hiver. Les promenades y sont très agréables suivies d’un bon dîner au Copper Queen Hotel à ne surtout pas manquer.

Sedona : Number One in America

Au nord de Phoenix, se trouve le Red Rock Country, désert aux couleurs ocre et d’albâtre dont les célèbres monolithes Cathedral, Belle et Coffeepot protègent une drôle de cité.

Sedona, une ville totalement branchée « new age », est depuis des temps immémoriaux un puissant centre de convergences des énergies et de magnétisme pour les indiens. Aujourd’hui, elle est devenue un immense fond de commerce des énergies en tous genres, de la méditation transcendantale à l’hypnose dans un immense labyrinthe commercial, Tlaquepaque, bâti sur le modèle d’un village mexicain de Dysneyland.

Tous les moyens de locomotions sont possibles au départ de Sedona pour visiter les alentours : à cheval, en vélo, en rafting et même en hélicoptère ou en molgofière pour quelques givrés bien nantis. Les chemins de randonnées innombrables vous mèneront au cœur de la Coconino National Forest, un site naturel remarquable où il est possible de rencontrer quelques cervidés. Le climat y est parfait toute l’année avec, jour et nuit, un ciel d’une pureté absolue. Sedona a été élue « Number One Most Beautiful Place in America » par le périodique USA Weekend.

Le mythique Grand Canyon

Qui n’a jamais vu le Grand Canyon, que ce soit en photo ou dans des films ? Ce majestueux prodigue de la création impressionne par sa beauté et ses dimensions gigantesques : 1 829 mètres dans les failles les plus profondes, 29 km de largeur maximale. Il est également traversé par le Colorado sur 445 km.

Les parois du Grand Canyon nous font découvrir deux milliards d’années de l’histoire de notre planète en observant les différentes strates de ses parois. Il possède une biodiversité unique au monde. Il regroupe environ 1 500 espèces de plantes, 300 types différents d’oiseaux et 75 catégories distinctes de mammifères référencés sur son territoire.

De part sa taille et sa profondeur, il regroupe en son sein cinq sur sept des grands systèmes climatiques existants allant du subtropical sec au fond des gorges jusqu’à un climat continental où se trouve une forêt de conifères, sur sa rive nord.

Pour visiter le Grand Canyon, nous vous recommandons la Hermits Rest Route (uniquement par navette) et la Kaibab Trail Route ouverte aux particuliers avec son fameux Yaki Point. Pour les plus fortunés, un vol en hélicoptère ou en avion au-dessus du Grand Canyon est possible mais le mieux est encore de descendre à pied l’un des versants pour éviter la foule agglutinée aux alentours des belvédères d’observation. Une bonne condition physique est toutefois conseillée.

Enfin, vous pouvez également effectuer une randonnée dans le lit du canyon en restant une nuit sur place. Mais cette mémorable excursion devra être réservée plusieurs mois à l’avance auprès du Visitor Center car les places sont très prisées durant la pleine saison touristique, notoriété oblige !

Les Hopi : un peuple énigmatique

Le peuple Hopi vit dans un espace désertique, au nord de l’Arizona. Ce petit territoire aride se situe sur trois hauts plateaux, en pleine réserve Navajo. Les Hopi ont toujours été sédentaires, contrairement aux Navajos, nomades et chasseurs pendant très longtemps. Il est difficile d’imaginer comment les Hopi ont pu mettre au point des techniques agricoles aussi précises pour parvenir à cultiver ce sol ingrat et desséché, sous les vols de corbeaux.

Un sentier étroit nous conduit sous une vraie fournaise vers le village de Walpi, situé au bord du précipice, au sommet de First Mesa, l’un des trois hauts plateaux du territoire Hopi.

A l’entrée de chaque maison, les hommes ont sculpté des poupées de bois mi-homme mi-animal. Appelées Katsinas, elles sont colorées et sont taillées dans la racine d’un arbre à coton. Elles représentent les divinités et les messagers spirituels et sont utilisées pour enseigner aux enfants la religion hopie.

Ce sont les seuls témoins visibles de la culture hopie. Les fêtes et cérémonies pratiquées au sous-sol dans des salles nommées kivas, ne sont pas ouvertes aux étrangers. Il est également interdit de prendre des photos, d’enregistrer des vidéos ou du son ou encore de prendre des notes pendant les visites guidées organisées pour les touristes. Les Hopis sont des descendants des Anasazis et possèdent leur propre langue, transmettant ainsi de façon orale leur héritage culturel.

Sur Second Mesa, le Hopi Cultural Center est un musée étroit mais captivant sur les relations compliquées opposant les Hopis et les Navajos au temps des expropriations par l’État américain. Vous pouvez aussi y goûter le « piki bread », une galette très mince de maïs bleu qui constitue un élément unique et véritablement sacré de la culture hopie.

Monument Valley : cœur sacré du peuple Navajo

Entre Kayenta et Mexican Hat, la route 163 laisse l’Arizona pour entrer en Utah. C’est alors qu’apparaissent les impressionnants pitons de grès de Monument Valley, dressés vers le ciel comme un avant-poste de garde, derniers signes d’une érosion continue sur le plateau du Colorado, Mittens, Camel, Three Sisters…

Depuis 2010, il est possible d’effectuer en voiture un circuit serpentant sur un chemin caillouteux à travers ces titans couleur bleu ou mauve au lever du jour et d’un ocre étincelant au soleil couchant. Mais la promenade est plus riche en émotions effectuée sur le dos d’un petit cheval guidée par un navajo et accompagnée de chiens pour fermer la marche.

C’est un total dépaysement qui nous ramène à l’époque des westerns mémorables de John Ford qui y réalisa une dizaine de films. Monument Valley fut d’ailleurs découvert en 1939 lors du tournage de La Chevauchée Fantastique et est ensuite devenue un site classique de western, tels Easy Rider ou Thelma et Louise.

Mais Monument Valley reste avant tout le cœur sacré du peuple Navajo (prononcer « navaho »). Créée en 1868, elle regroupe de nos jours la plus importante réserve indienne des Etats-Unis, s’étendant au nord-est de l’Arizona et franchissant les frontières du Nouveau Mexique et de l’Utah.

Il est possible de passer la nuit dans un hogan, le domicile traditionnel des Navajos depuis leur sédentarisation. De de forme circulaire et arrondie, il évoque la perception de la vie qu’ont les Navajos en mettant la femme (enceinte) au centre de leur culture matrilinéaire.

Le hogan de Agnes B&B peut recevoir une dizaine de personnes qui seront réparties sur des matelas autour d’un poêle dont la fumée s’évacue par une ouverture centrale.

Du Canyon de Chelly à la Forêt pétrifiée

Le Canyon de Chelly, situé au sud-est de Monument Valley, au centre de la réserve Navajo, bien que moins imposant que le Grand Canyon, est tout de même très impressionnant et forme une profonde crevasse en « Y » dans la plaine. On peut s’y enfoncer pour aller à la rencontre du peuple anasazi qui a vécu au fond de ce canyon du 4ème au 14ème siècle.

La White House Trail, vous amènera vers les vestiges très bien conservés d’un village d’adobe cramponné à la falaise, rongée par l’érosion, lors d’une promenade d’environ deux heures que vous pouvez effectuer sans guide navajo.

Une fois traversée la rivière, nois rencontrons des familles navajos de notre époque vivant dans une pauvreté absolue, sur une parcelle de terre, entourés de chevaux à demi-sauvages.

En allant plus au sud, se trouvent deux joyaux géologiques insolites et majestueux, le Painted Desert et la Petrified Forest National Park. Ce paysage lunaire composé de roches rayées d’ocres et de pastels invite à la flânerie au milieu d’une invraisemblable accumulation d’arbres fossilisés d’environ 200 millions d’années.

Pour découvrir la façon dont ont a été pétrifiée cette forêt, ne manquez pas le film proposé au Visitor Center qui vous expliquera comment les arbres de cette plaine abondamment boisée chutèrent dans la rivière, à l’ère des dinauraures, et furent submergés par les sédiments et infiltrés de silice avant d’être métamorphosés en quartz sans avoir jamais été décomposés. Cependant, ne vous avisez pas de vouloir emporter quoi que ce soit car cela constitue un délit fédéral durement réprimé par les rangers chargés de veiller à la préservation du site.